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Rehausse de fosse septique : 30 cm chez un fabricant, 1,50 m chez un autre, et le préfiltre que vous n'atteindrez plus

En résumé
  • Le nombre de rehausses empilables n'est pas une question de goût : la notice Premier Tech écrit que la couverture au-dessus de la génératrice supérieure ne peut excéder 30 cm, soit l'équivalent de 2 rehausses de 15 cm, Sotralentz autorise 40 cm de terre sur les tampons, Graf annonce 1 500 mm sur sa Carat XXL avec deux rallonges. Un site commercial, lui, affirme qu'on voit « des installations avec 3 rehausses de 50 cm chacune sans problème ».
  • Prix réels relevés chez des distributeurs : rehausse béton Thebault Ø 60 cm sur 25 cm de hauteur 70,80 € TTC, rehausse béton Urvoy d50 h25 69,66 € TTC, rehausse PEHD Rikutec Ø 40 cm 73,64 € TTC, rehausse de regard béton 59x59x34 cm 39,90 €. Les tampons se vendent à part : de 32,15 € pour un tampon béton ordinaire à 43,27 € pour un couvercle fonte hydraulique classé B 125 kN.
  • L'accessibilité n'est pas un conseil, c'est une obligation permanente : un règlement de SPANC rappelle que « l'usager doit garder en permanence ses installations accessibles ». Tampon enfoui, le contrôleur relève une impossibilité matérielle et cela peut être traité comme un refus de contrôle, avec pénalité financière.
  • Le vrai coût d'une rehausse haute est ailleurs : sur ForumConstruire, un intervenant résume que « plus la réhausse est haute plus il est difficile d'aller chercher le pré-filtre ». Un panier de pouzzolane rempli pèse environ 25 kg, et une anse rouillée qui casse rend le nettoyage impossible sans camion.
  • Le renouvellement de la pouzzolane n'a aucun calendrier partagé : 2 ans pour une étude de filière, 4 ans pour un guide de SPANC, 7 à 9 ans pour un média grand public, 10 ans pour un autre. Le nettoyage, lui, fait consensus à 2 fois par an.
Quatre limites de recouvrement, quatre fabricants

Premier Tech : la couverture maximale au-dessus de la génératrice supérieure des ouvrages ne peut excéder 30 cm, soit l'équivalent de 2 rehausses de 15 cm, et la notice affiche 2 max par trou d'homme. Sotralentz raisonne à partir du fil d'eau : remblayer jusqu'à une hauteur maximum de 40 cm de terre sur les tampons ou de 60 cm au-dessus du fil d'eau des appareils et des périphériques. Graf annonce sur la Carat XXL une hauteur de recouvrement de 1 500 mm maximum avec deux rallonges et une rehausse télescopique. Un site commercial, lui, répond qu'on voit des installations avec 3 rehausses de 50 cm chacune sans problème. Les trois premiers chiffres décrivent trois cuves différentes ; le quatrième ne décrit rien.

La cote à mesurer avant d'acheter

Ce qui est plafonné n'est pas la hauteur de la rehausse mais l'épaisseur de terre au-dessus de la cuve et de ses tampons. Une rehausse de 60 cm dont le couvercle affleure la pelouse ne charge rien ; la même recouverte de 30 cm de terre végétale sort du domaine autorisé. La mesure utile est donc la distance entre le haut du trou d'homme et le niveau fini du jardin, comparée à la notice de la cuve. Sur ForumConstruire, un propriétaire de l'Isère a écrit au fabricant de sa fosse béton et s'est vu répondre 50 cm de terre végétale maximum au-dessus de la fosse ; ses regards mesuraient à peu près 60 cm de hauteur.

Prix relevés, pièce par pièce

Rehausse béton Thebault à emboîtement, 25 cm de hauteur, diamètre 60 : 70,80 € TTC l'unité chez un négoce de matériaux. Rehausse béton Urvoy 7519, d50 h25 : 69,66 € TTC. Rehausse PEHD Rikutec pour fosse septique et bac à graisse, diamètre 40 cm : 73,64 € TTC la pièce chez un distributeur de bricolage. Rehausse de regard béton 59x59x34 cm, intérieur 50 x 50 cm : 39,90 € en grande surface. Les fourchettes des sites d'assainissement encadrent ces prix sans les contredire : 100 à 300 euros pour le béton et 80 et 200 euros pour le polyéthylène chez un installateur, 50 € à 200 € pour le béton ailleurs, et 50 et 120 € sur d'autres pages du même site.

C’est la pièce la moins chère de toute l’installation, et celle qui décide de tout le reste. Une rehausse est un anneau de béton ou de polyéthylène que l’on pose sur le trou d’homme d’une fosse pour rattraper la différence entre le haut de la cuve et le niveau fini du jardin. Quarante à soixante-quinze euros. Elle ne traite rien, ne filtre rien, ne dépollue rien. Elle détermine seulement si, dans dix ans, quelqu’un ouvrira encore cette fosse. Et c’est précisément là que se joue la durée de vie d’un assainissement non collectif : pas dans la cuve, dans la facilité d’y accéder.

Le problème est qu’aucune des trois familles de sources ne dit la même chose. Les notices de fabricants donnent des limites précises et incompatibles entre elles. Les règlements de SPANC parlent d’accessibilité permanente sans jamais fixer de hauteur. Les sites de vente, eux, répondent oui à tout. Un propriétaire qui cherche « combien de rehausses puis-je empiler » tombe donc sur quatre réponses correctes et contradictoires, selon la marque de sa cuve.

Ce que dit la notice de votre fosse, pas le vendeur

Prenez les quatre chiffres côte à côte. Premier Tech écrit dans sa documentation que « la couverture maximale au-dessus de la génératrice supérieure des ouvrages ne peut excéder 30 cm, soit l’équivalent de 2 rehausses de 15 cm », et affiche pour ses éléments en polyéthylène la mention « 2 max par trou d’homme ». Sotralentz raisonne autrement, en partant du fil d’eau : sa rehausse permet de « remblayer au-dessus du fil d’eau des appareils et des périphériques jusqu’à une hauteur maximum de 40 cm de terre sur les tampons ou de 60 cm au-dessus du fil d’eau des appareils et des périphériques ». Graf, sur la Carat XXL, annonce une « hauteur de recouvrement avec 2 rallonges et rehausse télescopique 1500 mm maximum ». Et le site commercial FuturMaison répond à la même question : « Absolument ! On peut empiler plusieurs éléments pour atteindre la hauteur souhaitée. On peut voir des installations avec 3 rehausses de 50 cm chacune sans problème. »

Les trois premiers chiffres ne se contredisent pas vraiment : ils décrivent des cuves différentes, conçues pour des profondeurs différentes, et chacun ne vaut que pour la sienne. Le quatrième n’est pas un chiffre, c’est un argument de vente. La règle pratique tient en une phrase : la limite applicable chez vous est celle imprimée sur la notice de votre cuve, et nulle part ailleurs. Un propriétaire de l’Isère l’a compris en écrivant directement au fabricant, après avoir posé des rehausses de récupération achetées au rayon eaux pluviales.

Après avoir envoyé un mail au fabricant de la fosse (fosse sebico toute eaux en béton), j'ai appris que je pouvais mettre jusqu'à 50 cm de terre végétale maximum au dessus de la fosse . J'ai mesuré mes regards de réhausse et j'ai à peu près 60cm de hauteur donc vu que je ne suis pas à fleur des regard, je suis plus ou moins bon....

ForumConstruire, sujet « Pose de rehausse sur fosse béton - 9 messages »

Le détail compte : ce qui est plafonné, ce n’est pas la hauteur de la rehausse, c’est l’épaisseur de terre au-dessus de la cuve et de ses tampons. Une rehausse de 60 cm dont le couvercle affleure la pelouse ne charge rien du tout ; la même rehausse recouverte de 30 cm de terre végétale sort du domaine autorisé. C’est aussi pour cela que le premier réflexe utile, avant d’acheter, est de mesurer la cote entre le haut du trou d’homme et le niveau fini, puis de la comparer à la notice. Si la fosse est enterrée trop profond pour votre modèle, le sujet n’est plus la rehausse : c’est le terrassement, traité dans le guide des distances et de l’implantation.

Le prix réel : 39,90 € à 73,64 € la pièce, tampon en plus

Les fourchettes publiées par les sites d’assainissement sont larges et discordantes : un installateur situe la rehausse béton entre 100 et 300 euros et le polyéthylène entre 80 et 200 euros, quand un autre site annonce 50 € à 200 € pour le béton, et ailleurs sur ses propres pages 50 et 120 €. Les catalogues de négoce sont plus utiles parce qu’ils désignent un produit précis. Chez un matériaux breton, la rehausse béton Thebault à emboîtement, 25 cm de hauteur et 60 cm de diamètre, est à 70,80 € TTC l’unité, et la rehausse béton Urvoy 7519 en d50 h25 à 69,66 € TTC. Chez un distributeur de bricolage, la rehausse PEHD Rikutec pour fosse septique et bac à graisse, en diamètre 40 cm, est à 73,64 € TTC la pièce. Et une simple rehausse de regard en béton 59x59x34 cm, dimensions intérieures 50 x 50 cm, s’achète 39,90 € en grande surface.

Le tampon, lui, se vend séparément, et son prix ne suit pas celui de la rehausse. Un tampon ordinaire pour fosse Thebault est à 32,15 € TTC, un tampon sécurisé D.60 Urvoy à 33,62 € TTC. En fonte, un couvercle 30 x 30 cm pour regard d’inspection classé A15 est à 33,87 €, et un couvercle hydraulique de même dimension classé B 125 kN à 43,27 €. L’écart de dix euros entre les deux derniers n’est pas cosmétique : la classe dit la charge admissible, et le modèle hydraulique se joint pour ne pas laisser passer les odeurs, sujet traité dans le guide des odeurs de fosse septique.

70,80 €rehausse béton Thebault Ø 60, hauteur 25 cm, TTC l'unité
73,64 €rehausse PEHD Rikutec Ø 40 cm, TTC la pièce
39,90 €rehausse de regard béton 59x59x34 cm en GSB
32,15 à 43,27 €tampon seul, du béton ordinaire à la fonte B 125 kN

Un dernier poste échappe aux catalogues : la rehausse posée sur un tuyau ou un regard découvert par hasard pendant une vidange. Sur un forum de plomberie, un propriétaire raconte qu’un vidangeur a mis au jour une canalisation enterrée à côté de la fosse et lui a conseillé d’y poser un regard de visite ; l’entreprise contactée ensuite lui a répondu que « c’est facile, il suffit de mettre une rehausse 30x30 ». La réponse est vraie sur le principe et inutilisable en pratique, parce qu’elle ne dit ni s’il faut un fond, ni comment traverser la paroi sans créer une entrée d’eau. C’est le genre de micro-chantier qui se règle avec un maçon, pas avec un anneau acheté à l’aveugle.

Poser la rehausse : un joint, une minute de pression, deux mètres de dégagement

L’ordre des opérations décrit par les sources est simple : « pose du joint d’étanchéité sur le rebord de la fosse, positionnement du premier élément de rehausse, scellement final avec du mortier ». Ce qui se joue vraiment tient dans le joint, et les fabricants de béton sont précis sur ce point. Blard indique pour ses cordons plastomères que « le raccordement des cordons de joint doit se faire bout à bout pour éviter tout recouvrement. Soudure par modelage », et surtout que « l’écrasement du joint, obtenu par une pression d’une minute au moins, est nécessaire avant remblaiement, pour assurer l’étanchéité de l’assemblage ». Une minute de pression avant de remblayer : c’est le geste qui sépare une rehausse étanche d’un anneau qui laissera entrer les eaux de ruissellement pendant vingt ans.

Cette entrée d’eau est d’ailleurs la première raison pour laquelle on rehausse. Sur Forum Bricolage, un propriétaire décrit une fosse installée au fond d’une dépression du jardin, où l’eau s’accumule dès qu’il pleut fort ; il a décidé de poser un réhausseur béton de 20 cm de hauteur et 80 cm de diamètre pour que l’ouverture ne soit plus le point bas. La réponse qu’il reçoit sur le même fil décrit la pose propre : couler une petite fondation sur le pourtour de la fosse, monter la rehausse de 20 cm sur cette fondation, remblayer de terre à l’extérieur, puis couvrir. Une fosse qui se remplit d’eau de pluie est une fosse dont le temps de séjour s’effondre, et le sujet rejoint directement la fosse septique qui se remplit trop vite.

Reste la question des charges, où l’écart entre commerce et notice est maximal. Un site commercial estime que « les rehausses standard supportent généralement une charge de 1,5 tonne ». Un fabricant de dispositifs, dans sa notice de pose, exclut le sujet : « toute charge statique ou roulante est interdite à proximité immédiate du dispositif. Respecter une distance minimale de 2 mètres, sauf dispositions spécifiques vérifiées par un bureau d’étude », et précise que « la dalle de répartition en béton armé ne devra en aucun cas reposer sur les dispositifs, ni sur les couronnes de ses tampons, ni sur les réhausses ». Traduit en chantier : on ne « renforce » pas une rehausse pour y faire passer une voiture, on construit une dalle qui porte ailleurs.

La question à poser à l'installateur

Elle n'est pas « combien de rehausses puis-je empiler » mais « comment sortirai-je le préfiltre tout seul une fois la rehausse posée ». La première a une réponse dans la notice ; la seconde n'en a aucune, et c'est elle qui décide si l'entretien aura lieu. Un panier de 25 kg au fond d'un tube profond transforme un geste annuel en corvée reportée, puis abandonnée. Ce n'est pas la cuve qui encaisse : c'est l'épandage, cinq ans plus tard, quand les matières en suspension ont fini par colmater le sol.

Le contrôle qui compte vraiment

Il se fait au même moment que la mesure des boues : une perche descendue par le tampon d'entrée, puis un coup d'œil au préfiltre. Si le garnissage se rince et laisse repasser l'eau, il reste bon. S'il est pris en masse ou friable, il est fini. Cette double lecture évite d'appliquer un calendrier de renouvellement qui va de 2 à 10 ans selon la source consultée, et elle donne au contrôleur du SPANC exactement ce qu'il demande : une installation entretenue, avec des tampons qui s'ouvrent.

L'issue par le haut : sortir de la pouzzolane

Un agent de SPANC intervenu sur un forum le conseille sans détour : il existe sur le marché de nombreux modèles de préfiltre plus simples d'entretien que la pouzzolane, commercialisés en pièces détachées, filet filtrant, PF 17, cassette. Le filet est décrit comme des balles en PE contenues dans un filet, pratiques et faciles d'entretien, avec une seule vraie contrainte de montage : vérifier que le filet comble bien tout le diamètre du seau pour éviter le passage de matière. C'est plus léger, cela se rince mieux, et il n'y a pas d'anse à casser.

Le tampon enterré, et ce qui se passe au contrôle

Beaucoup de tampons finissent sous quelques centimètres de terre et de gazon, par commodité esthétique. Cette économie de laideur se paie au contrôle. Le règlement de service d’un SPANC énonce la règle sans détour : « l’usager doit garder en permanence ses installations accessibles, conformément à l’article 15 de l’arrêté prescriptions techniques du 7 mars 2012 modifiant l’arrêté du 7 septembre 2009, pour assurer leur entretien et leur contrôle par le SPANC ». Le mot important est « en permanence » : ce n’est pas une obligation le jour de la visite, c’est un état permanent de l’installation.

Quand le tampon est introuvable, le contrôleur ne creuse pas. Le même règlement précise qu’« en cas d’opposition à cet accès, les agents du SPANC n’ont pas la capacité de pénétrer de force » et qu’« ils relèveront alors l’impossibilité matérielle ». La suite dépend de la collectivité, et un retour d’expérience de forum résume le risque : « en cas de refus il peut considérer cela comme un refus de contrôle (pénalité financière applicable) ». Le déroulé du contrôle, les délais et le rapport sont détaillés dans le guide du SPANC, et l’échéance de vente dans le diagnostic d’assainissement.

Il y a plus simple que la sanction pour se convaincre. Un tampon enterré signifie qu’aucune vidange n’a été programmée depuis longtemps, puisqu’un vidangeur ne peut rien faire d’une fosse qu’il ne trouve pas. Sur ForumConstruire, une intervenante raconte des rehausses béton de 50 cm de haut avec regard en fonte, posées par le terrassier dès le départ, contrôlées deux fois sans remarque : les rehausses ne posent pas de problème en soi. Ce qui en pose un, c’est ce qu’on met dessus.

Plus la rehausse est haute, moins le préfiltre est nettoyé

C’est l’objection la plus intéressante du corpus, et elle ne vient d’aucune notice. Elle vient d’un intervenant qui répond, sur le fil de pose de rehausses, à quelqu’un qui s’inquiétait du poids supplémentaire sur sa cuve.

Le seul problème des réhausses porte sur l'entretien de votre fosse. Normalement votre fosse est équipée d'un pré-filtre au niveau du 2ème regard. Ce pré-filtre doit être nettoyé au moins une fois par an. Autrement dit plus la réhausse est haute plus il est difficile d'aller chercher le pré-filtre ... Il faut trouver un bon compromis.

ForumConstruire, sujet « Pose de rehausse sur fosse béton - 9 messages »

Le même intervenant ajoute une consigne de sécurité qu’aucune fiche produit ne rappelle : en ouvrant une fosse, il faut la laisser ventiler cinq minutes au minimum avant d’y intervenir, à cause des gaz de fermentation. La ventilation d’une fosse et l’hydrogène sulfuré sont traités dans le fonctionnement de la fosse septique.

Analyse de la rédaction : la rehausse n'est pas un problème de structure, c'est un problème d'ergonomie. Un panier de pouzzolane plein pèse environ 25 kg. Remonter 25 kg à bout de bras au fond d'un tube de 40 cm de diamètre est déjà pénible à 20 cm de profondeur ; à 60 cm, cela devient un travail à deux, avec un crochet et une corde. Or personne ne fait deux fois par an un travail à deux. La rehausse ne casse rien : elle transforme un entretien annuel en corvée reportée, puis abandonnée, et c'est l'épandage qui encaisse la facture cinq ans plus tard. La bonne question à poser à l'installateur n'est donc pas « combien de rehausses puis-je mettre », mais « comment je sortirai le préfiltre tout seul, une fois la rehausse posée ».

Ce n’est pas une hypothèse. Sur le même forum, un propriétaire du Calvados raconte avoir voulu contrôler la pouzzolane de sa fosse de 2009 : en tirant l’anse du seau avec un crochet, l’anse rouillée a cassé, et il s’est retrouvé sans aucun moyen de sortir le garnissage. Un agent de SPANC intervenu sur le fil lui a listé les issues : attraper le seau à la main avec des gants d’égoutier si la fosse est peu profonde, retirer la pouzzolane à la pelle tordue en évitant de casser le support, ou appeler une entreprise de vidange dont le camion est capable d’aspirer la pouzzolane. Le même agent conclut sur le fond du sujet.

En théorie c'est simple, en théorie seulement. La pouzzolane, comme tout préfiltre se nettoie 2 fois par an environ. Mais pour nettoyer le préfiltre il faut le sortir, le l'inconvénient de la pouzzolane c'est justement son poids... La pouzzolane a également tendance à se dégrader, il faut donc en rajouter de temps en temps.

ForumConstruire, sujet « Problème filtre pouzzolane fosse toutes eaux - 10 messages »

La pouzzolane : 200 litres, 25 kg, et quatre calendriers

Le préfiltre lui-même est mal compris parce que ses sources se contredisent dès la première ligne. Un guide public d’assainissement le décrit sobrement : « le préfiltre piège les matières solides non retenues par la fosse. Il est constitué de matériaux filtrants… Il n’a pas de fonction épuratoire », et le classe « facultatif, fortement recommandé, souvent intégré à la fosse ». Un règlement de SPANC ne le rend obligatoire que « dans le cas exceptionnel de la réhabilitation séparée des eaux vannes et des eaux ménagères ». Un site commercial de devis affirme l’inverse : « l’installation d’un panier préfiltre est obligatoire », en citant le NF DTU 64.1 et l’arrêté du 7 septembre 2009. La règle, ici, est celle des sources publiques ; l’obligation invoquée par le vendeur ne se retrouve dans aucun texte.

Sur le garnissage, deux chiffres font consensus et un troisième non. La granulométrie d’abord : les pouzzolanes pour fosses septiques doivent être constituées de pierres de 20 à 50 mm, calibre qu’on ne trouve pas toujours au rayon jardinage, où la roche est vendue plus fine. Le volume ensuite, et il dépend entièrement du montage : un règlement de SPANC impose 200 litres pour un préfiltre extérieur desservant un logement jusqu’à cinq pièces principales, alors qu’un guide décrit le modèle intégré à la fosse comme « un réceptacle de 50 litres environ ». Un facteur quatre, pour la même fonction. Le poids enfin : un panier rempli pèse environ 25 kg. Le prix du garnissage varie dans les mêmes proportions selon le circuit : un sac de 40 kg est annoncé de 16 à 20 € par un média grand public, quand un négoce de matériaux facture 42,14 € TTC le sac de 12 kg et 62,30 € TTC la recharge de 25 kg calibrée 20/50 mm pour préfiltre.

Le calendrier de renouvellement, lui, n’a pas de vainqueur. Une étude de définition de filière prévoit « un changement du média tous les 2 ans dans le cas d’un préfiltre au pouzzolane ». Un guide de SPANC écrit « renouvellement de la pouzzolane tous les 4 ans environs (en même temps que la fosse) ». Un média grand public annonce une roche « changée tous les 7 à 9 ans selon le nombre d’habitant de la maison ». Un autre parle de « renouveler les pierres pouzzolane de votre fosse septique tous les dix ans ». Entre le premier et le dernier, le rapport est de un à cinq. Le seul point commun de ces sources est le nettoyage, deux fois par an, et la cause du remplacement : les petits morceaux se fragmentent et bouchent les orifices, et la roche finit par subir un colmatage biologique irréversible.

Face à cet écart, la conduite raisonnable est de ne pas suivre de calendrier du tout, mais de regarder. Une pouzzolane qui se rince au jet et qui laisse passer l’eau reste bonne ; une pouzzolane friable, prise en masse, qui déborde ou qui refuse l’eau après lavage est finie, que cela fasse deux ans ou huit. Ce contrôle se fait au même moment que la mesure des boues, décrite dans la vidange de fosse septique, et l’outil vidange donne l’échéance à partir de votre volume. Si vous héritez d’un panier dont l’anse a lâché, la vidange par le compartiment d’entrée vide le préfiltre et permet de le remonter plus facilement : c’est le conseil donné sur le forum par un intervenant qui ajoute qu’il faut ensuite « adapter un système permettant de le lever lors de son entretien annuel à minima ».

Il existe enfin une sortie par le haut, rarement mentionnée par les vendeurs de pouzzolane : remplacer le garnissage minéral par un filet de balles en polyéthylène, ou par une cassette. Le même agent de SPANC la recommande sans détour, en précisant la seule vraie contrainte du montage, qui est de vérifier que le filet comble bien tout le diamètre du seau pour éviter le passage de matière. C’est plus léger, cela se rince mieux, et cela ne casse pas d’anse. Pour choisir entre les familles de prétraitement et de traitement en aval, le comparateur de systèmes et le guide de la fosse toutes eaux donnent le cadre.

Combien de rehausses puis-je empiler ?

Cela dépend de la cuve : 2 max par trou d'homme chez Premier Tech, 40 cm de terre sur les tampons chez Sotralentz, 1 500 mm de recouvrement chez Graf.

Où trouver la limite qui s'applique chez moi ?

Sur la notice de votre cuve. Aucune règle générale ne remplace le document du fabricant.

Une rehausse de 60 cm est-elle interdite ?

Non. Ce qui est plafonné, c'est la terre au-dessus de la cuve et des tampons, pas la hauteur de l'anneau.

Combien coûte une rehausse béton ?

70,80 € TTC pour une Thebault Ø 60 h 25 cm, 69,66 € TTC pour une Urvoy d50 h25 chez un négoce.

Et en polyéthylène ?

73,64 € TTC la pièce pour une Rikutec diamètre 40 cm.

Le tampon est-il compris ?

Non : de 32,15 € TTC pour un tampon béton ordinaire à 43,27 € pour un couvercle fonte hydraulique B 125 kN.

Les fourchettes des sites sont-elles fiables ?

Elles vont de 50 € à 300 € selon le site et ne disent pas ce qu'elles incluent. Les références de négoce sont comparables, elles.

Une rehausse de regard suffit-elle ?

Pour rendre un regard visitable, oui : 39,90 € pour un modèle béton 59x59x34 cm.

Questions fréquentes

Combien de rehausses peut-on empiler sur une fosse septique ?

Cela dépend de la cuve, et la réponse est dans sa notice, pas dans un forum. Premier Tech écrit que « la couverture maximale au-dessus de la génératrice supérieure des ouvrages ne peut excéder 30 cm, soit l'équivalent de 2 rehausses de 15 cm », et affiche « 2 max par trou d'homme » pour ses éléments polyéthylène. Sotralentz autorise à « remblayer au-dessus du fil d'eau des appareils et des périphériques jusqu'à une hauteur maximum de 40 cm de terre sur les tampons ou de 60 cm au-dessus du fil d'eau ». Graf annonce sur sa Carat XXL une « hauteur de recouvrement avec 2 rallonges et rehausse télescopique 1500 mm maximum ». Un site commercial affirme au contraire qu'on peut voir « des installations avec 3 rehausses de 50 cm chacune sans problème » : c'est un avis de vendeur, pas une donnée de fabricant. En cas de litige ou de sinistre, c'est la notice de votre cuve qui fait foi.

Combien coûte une rehausse de fosse septique ?

Chez un négoce de matériaux, une rehausse béton Thebault à emboîtement de 25 cm de hauteur et 60 cm de diamètre est affichée 70,80 € TTC la pièce, et une rehausse béton Urvoy 7519 en d50 h25 à 69,66 € TTC. En polyéthylène haute densité, la Rikutec Ø 40 cm est à 73,64 € TTC pièce chez un autre distributeur. Une simple rehausse de regard béton 59x59x34 cm, intérieur 50 x 50 cm, se trouve à 39,90 € en grande surface de bricolage. Les fourchettes annoncées par les sites d'assainissement encadrent ces prix sans les contredire pour le béton, de 100 à 300 € chez un installateur, de 50 à 200 € ailleurs, et de 80 à 200 € pour le polyéthylène. Le tampon se paie en plus : 32,15 € TTC pour un tampon béton ordinaire, 33,62 € pour un tampon sécurisé D.60, 33,87 € pour un couvercle fonte 30 x 30 cm classé A15 et 43,27 € pour un modèle hydraulique B 125 kN.

Peut-on rouler ou stationner au-dessus d'une fosse équipée de rehausses ?

Un site commercial estime que « les rehausses standard supportent généralement une charge de 1,5 tonne ». Un fabricant de dispositifs d'assainissement est beaucoup plus strict dans sa notice : « toute charge statique ou roulante est interdite à proximité immédiate du dispositif. Respecter une distance minimale de 2 mètres, sauf dispositions spécifiques vérifiées par un bureau d'étude. » Il ajoute que « la dalle de répartition en béton armé ne devra en aucun cas reposer sur les dispositifs, ni sur les couronnes de ses tampons, ni sur les réhausses ». Autrement dit : si vous devez faire passer une voiture, ce n'est pas une rehausse renforcée qu'il faut, c'est une dalle de répartition qui prend appui ailleurs que sur la cuve, dimensionnée par un bureau d'étude.

Le SPANC peut-il sanctionner un tampon enterré ?

L'accessibilité est une obligation permanente : un règlement de service de SPANC rappelle que « l'usager doit garder en permanence ses installations accessibles, conformément à l'article 15 de l'arrêté prescriptions techniques du 7 mars 2012 modifiant l'arrêté du 7 septembre 2009, pour assurer leur entretien et leur contrôle par le SPANC ». Si le tampon est sous la terre, le même règlement précise que les agents « n'ont pas la capacité de pénétrer de force » et « relèveront alors l'impossibilité matérielle ». Sur un forum, un retour d'expérience prévient qu'« en cas de refus il peut considérer cela comme un refus de contrôle (pénalité financière applicable) ». Le rendez-vous de contrôle est donc le moment de dégager les tampons, pas de découvrir qu'ils sont introuvables.

Faut-il un préfiltre à pouzzolane, et tous les combien le changer ?

Un guide public d'assainissement le classe « facultatif, fortement recommandé, souvent intégré à la fosse », et un règlement de SPANC ne le rend obligatoire que « dans le cas exceptionnel de la réhabilitation séparée des eaux vannes et des eaux ménagères ». Un site commercial affirme pourtant que « l'installation d'un panier préfiltre est obligatoire » en citant le NF DTU 64.1 et l'arrêté de 2009. Sur le garnissage, les sources s'accordent sur la granulométrie, des pierres de 20 à 50 mm, et sur le nettoyage, deux fois par an. Elles ne s'accordent sur rien d'autre : le renouvellement de la roche est donné tous les 2 ans par une étude de définition de filière, tous les 4 ans par un guide de SPANC, tous les 7 à 9 ans par un média grand public et tous les dix ans par un autre. Le volume varie aussi, 200 litres pour un préfiltre extérieur jusqu'à cinq pièces principales, environ 50 litres pour un modèle intégré.

Antoine Lefèvre

Rédacteur et chercheur en assainissement non collectif

Recherche et rédige des guides indépendants sur l'assainissement individuel, en croisant la réglementation (arrêté du 7 septembre 2009, DTU 64.1), les prix réels et l'expérience des propriétaires face au SPANC.

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